songes d'un art aimé

le temps de lire , comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre Daniel PENNAC
 
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 LIRE de Septembre

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julie
Boss Hogg
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julie

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MessageSujet: LIRE de Septembre   LIRE de Septembre Icon_minitimeLun 3 Sep - 19:28

http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51610/idR=200/idG=3


L
es évitables de la rentrée littéraire

LIRE de Septembre 1pixel_orange


par Christine Ferniot, Baptiste Liger, Delphine Peras, Julien Bisson,
Lire, septembre 2007



LIRE de Septembre Puce_verte Chaque
année, c'est la même chose: on tente de nous faire passer des nanars
pour des chefs-d'oeuvre. Attention aux apparences, certains livres ne
le sont pas. Pour vous éviter des déconvenues (mais aussi de gaspiller
votre argent), voici les romans dont tout le monde va vous parler
(parce que leurs auteurs sont devenus vaguement pipoles) et qui,
pourtant, sont totalement contournables.


LIRE de Septembre 2260016790Chroniques de l'asphalte, t. 2, par Samuel Benchetrit, 248 p., Julliard, 18 euros
Deux
ans après ses premières Chroniques de l'asphalte, Samuel Benchetrit
remet donc le couvert. Mais c'est peu dire que l'on préfère sauter ce
repas! Si le premier tome, consacré aux années d'enfance en banlieue
nord, avait de quoi séduire par une certaine forme de candeur, ce
deuxième volume déçoit de bout en bout. Brossant le portrait de ses
années sombres, entre débuts professionnels et galères financières,
jusqu'à la rencontre finale avec son ex-compagne, Marie Trintignant,
l'écrivain-réalisateur a choisi la gadoue plutôt que l'asphalte.
Dommage. Son défilé d'anecdotes «sensationnelles» est complaisant,
glauque, délibérément obscène et ne soulève jamais l'empathie. La
phrase qui tue: «Si la vie est une chienne, avec nous elle est en
chaleur.» Les suites sont parfois dures à avaler...OAS_AD('Position2');

LIRE de Septembre 2756100900Journal intime par Nathalie Rheims 150 p., Léo Scheer, 15 euros
Et
si le dernier Nathalie Rheims cachait, derrière ses apparences de
«roman d'amour autofictionnel», un Bottin mondain littéraire? En 150
pages (à gros caractères), sont en effet conviés Montaigne, Philippe
Lejeune, Robbe-Grillet, Butor, Morand, Genevoix, Queneau, Rousseau,
Gide, Sartre, Leiris, Mallarmé, Serge Lebovici, Proust, Roger Martin du
Gard, Jean-Marie Vianney, Mara (Journal d'une femme soumise), Bernanos,
Fénelon, Jeanne Guyon, Beauvoir, Aragon, Bossuet, Céline, Pierre
Pachet, Maurice de Guérin, Benjamin Constant, Casanova, Stendhal,
Balzac, Racine, Tchekhov, Kafka, Diderot, Magdalena van Schinne (on
oubliait une certaine «Mylène», à qui le livre est dédié), etc. Si les
thrillers fantastiques de Nathalie Rheims avaient un côté série Z
plutôt sympathique, Journal intime mêle avec une désarmante maladresse
souvenirs familiaux et considérations théorico-passionnelles sur le
«journal». Verdict: histoire de rester dans le name dropping cher à
l'auteur, pour le meilleur, on fait face à du sous-Camille Laurens et,
pour le pire, du sous-Christine Orban.


LIRE de Septembre 207078472XFin de l'histoire par François Bégaudeau, 136 p., Verticales, 12,50 euros
François
Bégaudeau est un malin: jusqu'alors, on avait plutôt apprécié sa prose
épileptique sur le football et l'amour, les trentenaires, Mick Jagger
ou l'école. A chaque fois, il réussissait à imposer une approche
théorique originale sur un sujet maintes fois rebattu. Mais Fin de
l'histoire met - hélas! - en lumière toutes les limites du «système
Bégaudeau». En reprenant à son compte la fameuse conférence de Florence
Aubenas - prétexte assez opportuniste -, l'auteur d'Entre les murs
tente de mélanger le discours de l'ex-otage revenue d'Irak (en italique
dans le texte) avec des remarques très personnelles sur l'Histoire et
le féminisme. Cette fois-ci, la mayonnaise ne prend pas: la
superposition de textes - qui voudrait constituer un flux ininterrompu
- sonne faux, et le mélange des digressions, tantôt superficielles,
tantôt lourdes de sens, ennuie très rapidement. La «tchatche» de
Bégaudeau n'étant certes pas sans charme, on en arrive même à voir en
Fin de l'histoire, a priori élégie de la femme, un livre de gros
dragueur calculateur. Un comble, au vu de son message initial!


LIRE de Septembre 2020962306Quelques obscurcissements par Alain Fleischer, 166 p., Seuil, 15,80 euros
Un
slogan publicitaire disait: «Plus c'est long, plus c'est bon.» C'est le
cas des romans d'Alain Fleischer, dont la langue baroque sied
admirablement aux pavés de cinq cents pages. Il faut se souvenir des
splendides Trapézistes et le rat ou des Ambitions désavouées. Poulidor
des prix d'automne, ce fidèle des rentrées littéraires propose cette
fois-ci une réédition de Quelques obscurcissements (paru chez Verdier
en 1991), bref retour sur les lieux de L'amant en culottes courtes.
Histoire de justifier les 15,80 euros (et d'arriver aux 160 pages
réglementaires), l'éditeur a jugé bon d'agrémenter ce texte «fond de
tiroir» - mineur dans l'oeuvre de Fleischer, et qui n'intéressera même
pas ses admirateurs - d'une postface et d'un texte adjacent. Désir
masochiste de surfer sur un «bide»? Contrat à honorer? Impôt sur le
revenu à régler? Indice: le même Fleischer fait également paraître une
nouvelle de 2002 érigée, par jeu de mise en page, en micro-roman,
L'ascenseur (Le Cherche Midi)... La phrase qui tue: «C'est pourquoi,
sans rien changer à l'écriture originale du texte publié en 1991, je
m'autoriserai, en le republiant aujourd'hui, les quelques
rectifications imposées par la vérité que seule la littérature m'a
permis de découvrir.»


LIRE de Septembre 2226179658La chapelle des Apparences par Franck Pavloff, 294 p., Albin Michel, 18,50 euros
On
se demande parfois où certains écrivains veulent en venir, pourquoi ils
ont pu se lancer dans une histoire aussi abracadabrante, et comment ils
ont pu imaginer de tels personnages. Cet état d'hébétude, on le ressent
à la lecture du nouveau roman de Franck Pavloff. Célèbre depuis Matin
brun (tiré à près d'un million d'exemplaires) et salué par le prix
France Télévisions 2005 pour Le pont de Ran-Mositar, l'écrivain
franco-bulgare semble s'être englué dans un projet dont, après la
lecture, on ne comprend toujours pas la raison d'être. Il imagine la
rencontre, à la Mostra de Venise, entre un cinéaste grec et un
journaliste. Ce sera le début d'une collaboration entre les deux
hommes, et d'un tournage qui virera à la folie furieuse. A la fois naïf
et confus, le récit s'embourbe dans un style besogneux et des intrigues
secondaires sans intérêt, entre deux changements de décor. La phrase
qui tue: «Le ciel est une sorte de nursery, ce que tu crois immobile
est vivant dans l'univers.» Et si La chapelle des Apparences était un
document crypté, comme la Joconde dans le Da Vinci Code?


LIRE de Septembre 2743617020Maquillages par Eric Halphen 398 p., Rivages, 21,50 euros
On
aurait tant aimé l'aimer, ce nouveau polar d'Eric Halphen, après le
très ennuyeux Bouillottes en 1999... Las, le juge d'instruction ne
réussit pas mieux avec Maquillages, qui tente certes de remplir son
cahier des charges... mais l'auteur en fait trop: trop de personnages
périphériques sans intérêt, trop de digressions bavardes sur la vie, la
mort, le malheur; trop de stéréotypes aussi - un flic homo, ça fait
moderne? Et surtout une écriture indigeste au possible, qui se noie
dans quantité de descriptions inutiles, d'effets de manches ridicules
du style: «A la porte d'Italie, il prit l'avenue éponyme, vaste artère
autrefois sans charme mais dont la rénovation récente avait été
réalisée avec goût et compétence» (Bertrand Delanoë peut lui dire
merci!) Ou encore: «La nuit était belle avec son ciel étoilé, sa lune
pleine et l'été en levain.» Il est poète, Eric Halphen, qui nous
propose également «des yeux d'un bleu liquide», «le corps repu et l'âme
enfarinée» ou bien «l'atmosphère dégageait des effluves de légèreté, de
fluidité». Côté dialogues qui tuent: «T'as la dalle?», «Rien à battre»,
«Quel est le blème, José?»


LIRE de Septembre 208120682XDe ça je me console par Lola Lafon 410 p., Flammarion, 19 euros
Après
un brûlot altermondialiste d'une rare faiblesse (Une fièvre impossible
à négocier), Lola Lafon revient, plus remontée que jamais, avec un
deuxième roman guère plus reluisant: De ça je me console. C'est tant
mieux pour elle. Mais on s'étonne de la publication de ces quatre cents
pages indigestes qui posent au pamphlet «jeune» et «rebelle». Si l'on
peut sauver l'évocation du passé roumain de l'héroïne, l'intrigue
générale - autour de la disparition mystérieuse d'une amie italienne et
de l'assassinat de son patron - manque terriblement de souffle, de
style et d'intérêt. Construit n'importe comment, le livre souffre de
considérations sociologiques dignes d'une «gueulante» de Richard
Bohringer, et de longueurs qui plombent une histoire déjà claudicante.
Cet «accident» éditorial ne doit toutefois pas faire oublier le très
bon CD Grandir à l'envers de rien, que Lola Lafon sortit avec son
groupe folk-rock. On se console comme on peut...


LIRE de Septembre 2221109686Dernière morsure par Ariane Fornia 206 p.,, Robert Laffont, 16 euros
On
pense à la plume déliée d'une Amélie Nothomb lycéenne et à la
causticité d'un Pierre Desproges», soutient l'éditeur: rien que ça!
C'est beaucoup (trop) dire de Dernière morsure, le nouveau livre très
prétentieux d'Ariane Fornia, bientôt 18 ans, fille de l'ex-socialiste
Eric Besson devenue sarkolâtre, forte en thème et se faisant fort de le
faire savoir - elle a publié son premier livre à 15 ans, puis un
deuxième l'année suivante avec sa maman. Si Dernière morsure se
présente comme une sorte de vade-mecum adolescent pittoresque à
l'attention des adultes, le propos est très vite plombé par le côté
première-de-la classe-qui-sait-tout et par une emphase justement propre
aux bons élèves qui n'en peuvent mais. Filant force métaphores
«djeunes» qui se veulent spirituelles, Ariane Fornia en fait des
tonnes, n'écrit pas «il a cassé sa tirelire» mais «pulvérisé son verrat
de porcelaine», ni «son haleine chargée après une soirée bien arrosée»
mais «sa caverne buccale abrite la carcasse d'un monstre sacrifié au
culte de Dionysos» (regardez comme j'ai des lettres, moi!). Ça en
devient saoulant, c'est le cas le dire!


Pour la rédaction, unanime: Julien Bisson, Christine Ferniot, Baptiste Liger et Delphine Peras

> Quels sont selon vous les évitables de la rentrée littéraire ?


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Dernière édition par le Lun 3 Sep - 19:29, édité 1 fois
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